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LE FRANÇAIS DE SPECIALITE, COURS 2

Propriétés morphosyntaxiques du français technoscientifique

Texte et discours : pour Kocourek (p. 46), 

discours 

fait penser plutôt au parlé, plutôt au 

procès qu’à son résultat (

texte

). Plus loin : « Qu’est-ce que le texte ? Dans Dubois et al. 

(’73:486),  

texte  

est synonyme soit du  

corpus,  

soit, au sens hjelmslevien, de  

énoncé 

‘parlé ou écrit, long ou bref, ancien ou nouveau’. Dans Ducrot et Todorov (’72:375), 

texte, 

dépassant le cadre de la linguistique, ‘peut coïncider avec une phrase comme avec 

un livre entier ; il se définit par son autonomie et par sa clôture’. Dans Mounin (e. 
’74 :323), 

texte 

est simplement 

corpus.

 Selon la définition de Lockwood (1972:8), le 

texte est « any internally coherent body of speech or writing, from a brief exclamation to 
a large encyclopedia ». De manière semblable, un texte est caractérisé par « a unity of 
topic, reference and syntactic cohesion, and a traditional form which organises the 
content of the message according to the intentions pursued » (Sager et al. 1980:59) Et 
Kocourek de résumer: “Pour nous, un 

texte 

est une suite de phrases liées entre elles par 

des connecteurs et par des éléments sémantiques et formels communs. »

Marqueurs de 

cohésion

 du texte technoscientifique : 

o

usage des déterminants défini/démonstratif anaphoriques (canard Colvert – 

ce 

Canard/

le

 canard); 

o

relation hyponyme/hypéronyme (poule d’eau – 

cet

 oiseau) ; 

o

reformulations verbales (il se peut – il est également possible) ; 

o

usage   (relativement   rare)   anaphorique   des   pronoms   (les   matériaux   –   leurs 
propriétés ;   la   population   –   celle) :  

Vous   êtes   venue   plus   tôt   que   je   ne

l'espérais. Je vous 

en

 remercie. 

o

adjectifs « faibles » (contexte-dépendants) qui renvoient à un élément précédent 
ou suivant, comme dans les syntagmes 

le résultat suivant, le même processus,  

les éléments précédents, une telle section, les/ces deux réactions, cette dernière 
cause,   acidité   identique,   les   autres   fibres,   deux   tendences,   trois   zones,   la  
deuxième   difficulté,   le   premier,   les   présents   résultats,   d’autres   tentantives  

(Kocourek, 54) ; 

o

les symboles  

ad hoc

  remplaçant des expressions plus complexes : les n°s de 

notes   de   bas   de   page,  

ibid.,   id. ;  

n°s   de   paragraphes,   pages,   marques   de 

références comme dans (Le Goffic, 1993 : 200) ; 

o

ipso facto

, « déterminants brachygraphiques »

 

figure 1, paragraphe 4.3… 

;

o

connecteurs et   locutions   interphrastiques   (transphrastiques)   :  

ainsi,   alors, 

antérieurement,   au-delà,   aussi ;   cependant,   ci-après,   ci-dessous,   ci-dessus,  
depuis,   donc ;   également,   encore,   enfin,   ensuite ;   finalement ;   mais ; 
néanmoins ; or ; parallèlement, pourtant, précédemment, puis ; toutefois ; au 
contraire,   d’autre   part,   de   même,   de   plus,   d’où,   d’une   part,   en   bref,   en  

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conclusion, en conséquence, en effet, en fait, en outre, en particulier, en résumé, 
par ailleurs, par conséquent, par contre, par exemple, par la suite, d’abord...

o

Les temps comme le passé composé (conclusions) et le futur (introductions)…

Sémantique textuelle 

des textes scientifiques 

– opérations cognitives

 : raisonnement, 

abstraction,   explication,   élucidation,   justification ;   comparaison,   analogie ; 
classification, causalité, exemplarisation, énumération et mesure (Kocourek, 59)

Argumentation 

: « démarche par laquelle une personne – ou un groupe – entreprend 

d’amener un auditoire à adopter une position par le recours à des présentations ou 
assertions – arguments – qui visent à en montrer la validité ou le bien-fondé » (Pierre 
Oléron, in : Kocourek, 60)

Expansion   et   contraction   des   textes

  (édition   critique ;   résumé,     mots-clés ; 

reformulation)

 

Outils syntaxiques du FSP

Syntaxe : aucune structure n’est interdite, mais les préférences sont nettes : « Certains 
des traits étudiés ici se retrouveraient sans doute dans d’autres types de discours, mais 
avec une fréquence et une organisation pragmatique différentes. »

Restriction du système pronominal

. Point principal : c’est la 3

e

 personne (

il, ils, elle, 

elles, le, la, lui, eux, elles, les, leur

) qui prédomine dans les textes scientifiques, avec les 

formes   contribuant   à   la   cohésion   textuelle.   Vu   la   communication   écrite   et 

l’impersonnalité

 du texte technoscientifique, les 2es personnes 

tu/vous

 sont quasiment 

absentes. La forme 

je 

est utilisée dans les communications orales. Sinon, le 

nous

 « de 

modestie » désigne l’auteur du texte, mais les adjectifs et participes qui se rapportent à 
l’auteur restent au singulier (

Nous sommes convaincu(e) que…

). Par contre, 

nous

 et 

on 

inclusifs

 sont possibles, qui incluent le destinataire du texte. Le destinataire peut être 

impliqué ou non dans les formes  

impératives 

:  

soulignons, notons, disons…

  L’o

inclusif est plus acceptable que l’

on 

de modestie (auquel est préférable 

nous

), c’est-à-

dire 

on 

désignant autres personnes que l’auteur.

La   prédominance   du   présent  

de   l’indicatif.   Selon   Kocourek   (71),   le   présent   de 

l’indicatif correspond à 85% de formes verbales. Le passé composé couvre 10%, le futur 
10% encore, et le reste est pour les autres temps. Les temps comme le passé composé 
(souvent dans les conclusions) et le futur (souvent dans les introductions) contribuent à 
la cohésion des textes. Plusieurs auteurs notent que le texte scientifique ôte souvent aux 
formes verbales leur actualisation concrète (« perspective atemporelle » de Phal ; in 
Kocourek.

La modalité de phrase déclarative dominante.

 Les rares phrases 

interrogatives

 ont, 

dans   les   textes   scientifiques,   des   fonctions   autres   que   d’interroger   l’interlocuteur 
(interrogation oratoire – souvent pour annoncer un thème qu’on développera dans la 
suite) : 

Comment interpréter les inversion du rendement ? 

Ou bien l’interrogation pour 

introduire des hypothèses différentes. Pour ce qui est des rares 

injonctions

, notons les 

impératifs comme : 

soulignons, mentionnons, observons, précisons, ajoutons, notons… 

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